Le désherbage manuel, un vrai savoir faire

Le désherbage manuel parait bien être la pire des corvées. Pourtant je dirai que c’est la clé principale de l’évolution du jardin. Je souhaite vous présenter tous les éléments pris en compte lors du désherbage dans différentes configurations de jardins.

Changer d’objectif à atteindre

L’objectif à atteindre consiste en général à se débarrasser des plantes adventices (communément appelées « mauvaises herbes »). C’est à ce titre que la main du jardinier va sélectionner dans une sentence fatale ce qui devra vivre ou mourir.

Le désherbage est donc un travail de sélection qui peut juste consister à préserver la végétation en place des nombreuses adventices non désirées.

Mais il faut accompagner le désherbage par une vision à court, moyen et long terme du jardin. S’il s’agit de préserver les cultures en place, avons-nous encore des perspectives d’extension du jardin ?

Je dis que pour de nombreux jardins l’objectif à atteindre est de réussir à augmenter la richesse spécifique et ornementale du jardin par le désherbage

Le bénéfice de l’œil du jardinier

Le désherbage manuel d’un massif s’appuie sur la connaissance du cycle végétatif des sujets qui composent le massif. Connaitre la plante adulte c’est bien mais la reconnaître sous forme de plantule c’est aussi important.  Alors imaginons que la végétation en place se reproduise (ce qui est souvent le cas). C’est à ce moment précis que le jardinier peut choisir d’augmenter la richesse spécifique du jardin. La végétation spontanée (indigène ou issu de plantes horticoles) a les plus grandes chances de présenter de bonnes caractéristiques de résistances, à la sécheresse par exemple, dans un sol où elle a germé.

C’est par le désherbage que l’on donne forme au jardin. La terre que nous avons sous nos pieds donne naissance à une multitude de plantes. Il peut s’agir de la reproduction de la végétation déjà en place dans le jardin, de graines issues du voisinage ou de centaines de kilomètres aux alentours, transporté par le vent et les oiseaux.

Reconnaître les plantules c’est au fil du temps un grand bénéfice pour que le jardin s’enrichisse par lui-même grâce à la vision à court, long ou moyen terme du jardinier.

Sur ces deux photographie on peut observer une plantule d’ancolie et une plantule de chélidoine.

Aquilegia sp.

Aquilegia sp.

Chelidonium majus

Chelidonium majus

C’est à cette échelle de 5 cm que naît toute la philosophie du désherbage. Le bon jardinier va décider de garder ces semis intéressant selon ses critères ornementaux.

Une question d’échelle et d’harmonie

Le don de la nature doit être utilisé à bon escient. Le jardinier va laisser croître les plantules pour ensuite décider de les laisser en place car elles correspondent à l’harmonie générale du massif. Mais si la plante en question dénature de par sa taille ou ses couleurs le ton donné au massif, elle sera alors déplacée. Le geste du jardinier consiste à savoir quand et comment déplacer cette plante gratuite.

Des associations naturelles

Au fur et à mesure d’un désherbage consciencieux qui prend en compte tous les éléments déjà abordés, le jardin va s’enrichir et prendre de nouvelles formes. Des associations naturelles vont se créer. Des tapis de violettes peuvent orner les pieds de rosiers. Les chélidoines et cymbalaires peuvent fleurir les fissures entre murs et allées. Au lieu d’être un acte délibérément destructeur, le désherbage peut devenir au acte créateur.

Fumaria officinalis-Monarda didyma-Calendula officinalis

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